Horaires des
zazen

Lundi : 6 h 45
lundi : 19 h
mercredi : 6 h 45
jeudi : 19 h
vendredi : 6 h 45
samedi : 10 h 30


Arriver 15 minutes
avant l’heure du zazen


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s

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ZEN et CALLIGRAPHIE CHINOISE

 

Camp d'été
avec Maitre Kosen



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


maitre Kosen

Inutile d'espérer trouver chez le moine Kosen la moindre trace de conformisme, d'attitudes convenues ou de comportements stéréotypés : il n'y en a pas. Le moine Kosen est de la lignée des grands maîtres iconoclastes, libres de tout carcan, affranchis de tout dogme et toujours déroutants.Stéphane Thibaut, de son nom de naissance, a commencé sa vie mouvementée en 1950, à Paris. Après maintes expériences dans l'agitation du monde, il rencontre la pratique du Zen transmis, avec l'homme qui venait l'apporter à l'occident, le "Boddhidharma des temps modernes": Maître Taisen Deshimaru.Stéphane a alors dix-neuf ans. Il devient son disciple, rase sa tignasse de hippie et reçoit l'ordination de moine Zen. Dorénavant, il vouera sa vie à la pratique et suivra partout son maître, jusqu'à la mort de ce dernier, quinze ans plus tard. En 1984, Maître Niwa Zenji, la plus haute autorité du Zen Soto au Japon, lui remet la transmission, (le shiho), et fait de lui le 83ème successeur du Bouddha Shakyamuni dans la tradition Soto.Depuis lors, une sangha internationale s'est formée autour de lui. Le moine Kosen anime des dojos toujours plus nombreux, donne des conférences, développe un site internet révolutionnaire et poursuit de multiples manières la mission de son maître: apporter à l'humanité le trésor du vrai Zen. En 1997, il a publié un premier livre: "La Révolution Intérieure".
En 1999, avec l'aide de toute sa sangha, il a fondé en Argentine le premier temple Zen d'Amérique du Sud, le temple de Shobogenji.
En Europe comme en Amérique du sud. A Cuba comme au Canada, de nombreux disciples suivent son enseignement de sesshin en sesshin, de continents en continents. En 2006 il publie sont deuxième livre:"Les cinq degré de l' éveil".


 

Montpellier, le mardi 5 janvier 2010

On parle de méditation. On dit, finalement, le zazen ce n’est pas une méditation tellement élevée parce qu’on passe l’heure du zazen à observer son corps, à vivre son corps, à corriger sa posture.

Ce n’est pas tellement élevé, pas tellement transcendant. Je me dis çà des fois où je passe mon heure à sentir mon foie, à sentir ma nuque, à sentir mes épaules, mes hanches.

L’intérêt, ce n’est pas l’objet, c’est vrai on se concentre sur quelque chose de très simple. En zazen on se concentre sur la posture. On ne se concentre pas sur Dieu, le nirvana ou je ne sais quoi. On se concentre sur la posture. Et donc je dis, l’important ce n’est pas l’objet de concentration, c’est le sujet. Et l’éveil le satori comme on dit, ne jailli pas de l’objet mais du sujet, c'est-à-dire celui qui observe.

Et peu à peu on va devenir intime avec celui qui observe la posture. On va se rend compte que cette conscience qui observe la posture elle est en même temps à l’intérieur du corps, elle est en même temps au dessus du corps, elle est devant, elle est derrière. En fait elle est universelle. Elle est partout et c’est cela qui est important.

On va tout à coup prendre conscience que la dimension de notre conscience est beaucoup plus fabuleuse et libre, énorme, universelle que ce qu’on n’aurait pensé.

Et tout ça juste en observant, à force d’observer simplement sa posture.

Et donc on sent une immense joie parce qu’on se rend compte que l’on est bien au-delà de ce qu’on est en train d’observer. Et qu’on est capable d’observer par exemple de deux endroits en même temps. Notre capacité de conscience est fabuleuse.

On est en même temps soi et on est en même temps au-delà de soi. Alors la respiration a aussi un rôle très important dans notre conscience dans l’observation de posture. La respiration c’est dehors, dedans, en haut, en bas. Et donc c’est un échange.

Donc notre conscience est dedans, dehors, en haut, en bas.

Montpellier, le samedi 17 avril 2010

 

Je viens de prendre conscience de quelque chose de primordial au niveau de la posture. Ma mère est une spécialiste de ce truc quand elle enseigne la posture aux débutants, elle dit toujours : « relâchez bien, relâchez, relâchez les épaules ».

Maître Deshimaru nous avait plutôt enseigné : « tendez la taille, tendez la nuque, tendez la colonne ». Je me souviens. Ce sont des polémiques qui ont presque 45 ans avec mon oncle. Après la mort de sensei, il m’avait parlé. Il m’avait dit : « tu sais, je ne suis pas d’accord avec le zen de maitre Deshimaru, il est trop yang. Il existe un zen plus yin. »

Alors il m’avait montré la photo d’un moine qui avait une posture nulle avec le menton en avant, à moitié avachit. Il me dit : « il y a des bruits qui courent, il y aurait une façon yin de pratiquer sans cambrer le bassin ». Alors ils cambraient dans l’autre sens avec le dos rond. C’est là qu’on se rend compte à quel point on était débutant et que le niveau auquel on appréhendait le zen était d’une ignorance épouvantable.

Bon moi, je suis resté fidèle à la méthode de Deshimaru. Et puis avec le temps, longtemps, j’ai commencé à découvrir la détente, l’importance de la détente. Plus ça va, plus je me rends compte de l’importance primordiale de lâcher. D’ailleurs, c’est une expression qu’on emploie beaucoup. La méthode Deshimaru consiste donc a étirer la nuque, tendre la colonne les reins. Vraiment donner toutes nos forces pour tendre comme un arc jusqu’à lâcher la flèche, le fameux ‘lâché prise’. Donc si on vient au dojo à moitié avachi, on ne va rien lâcher du tout. Quand on dit lâcher, relâcher, cela ne veut pas dire s’avachir. Et maintenant je sais ce que cela veut dire. Ce n’est pas facile à expliquer.

Nous avons le pouvoir sur tout ce qui constitue ce que nous sommes. Sur nos muscles bien sur mais également sur nos nerfs et ceci jusqu'à nos atomes, nos particules. Ce ne sont pas des choses qui sont séparées de nous, même si cela s’exprime dans le microscopique ou dans le nanoscopique.

Je l’ai expliqué souvent ;yes"> dans l’univers, il y a des fréquences et des particules. Les fréquences, ce sont des ondes et les particules sont de la matière. L’onde et la particule ne sont pas deux choses séparées. Ce sont deux expressions de la même chose c’est semblable a shiki les particules, les atomes et a ku les ondes les fréquences. Cela a été prouvé scientifiquement par des expériences très connues yes"> « expérience des fentes de Young et plus tard l’expérience de Wheeler ». L’observation par nous qui sommes des consciences vivantes, l’observation d’une onde par une conscience vivante transforme cette dernière en particule, la rend particulière, c'est-à-dire qu’elle se matérialise. C’est le cas de notre corps. Notre corps est particulier. Nous l’observons et nous le voyons solide d’une certaine manière.

Donc quand on dit « relâcher », cela ne veut pas dire s’avachir, faire de la décontraction, faire du new age. Relâcher c’est le pouvoir que nous avons et que nous apprenons à développer en za zen de relâcher la particule et de lui rendre sa liberté ondulatoire de potentialité infinie. Et cela se passe dans le corps. C’est ça le « relâcher ». Ca fait longtemps que je le sentais. Ma mère dit tout le temps : « je leur apprends à relâcher le plexus solaire. » Bien sur mais ce n’est pas de la décontraction même si ça y ressemble.

Je me rends compte aussi d’une chose et c’est important que je le dise. Le zazen que j’enseigne, je dirai presque qu’il est très éloigné de celui de l’AZI. Il est beaucoup plus évolué. J’en suis certain. Évidemment, je donne les enseignements de base, mais bon c’est pour cela que j’ai des problèmes, j’ai un peu trop d’avance sur mon temps. Parfois on se sent un peu seul. C’est pour cela que les gens n’accourent pas à la pratique parce que ce n’est pas leurs préoccupations actuelles. Le zazen tel qu’on l’enseignait il y a vingt, vingt cinq ans ça n’intéresse plus les gens aujourd’hui, il est un peu passé de mode. C’était le zen shiatsu, la zen calligraphie, le zazen art martiaux, zazen cérémonie du thé. Ca marchait à cause de cela. Il ne faut pas se leurrer. Disons que ce qui intéresse les gens maintenant à part le pognon c’est certainement pas de rester immobile et en plus de ne rien faire pendant une heure. Mais moi je pratique un zazen qui parle du futur, le zazen des dieux, le zazen des bouddhas. Alors les gens de l’azi pigent que dalle à ce que je raconte. Quand on lâche les particules, c'est-à-dire quand on les dématérialise, c’est vraiment ça qui se passe, croyez le ou non, la posture se redresse, elle se met à son maximum de potentiel naturellement. Ce zazen c’est le roi des Samâdhi, c’est vraiment la condition divine la plus fabuleuse.

C’est drôle parce que si je dis à quelqu’un : « allez, relâche tes particules, dématérialise toi » il va me dire : « mais ça va pas, tu es fou, ce n’est pas possible. Personne ne sait faire cela. » Et on se rend compte qu’on a toujours su le faire mais on ne savait pas qu’on le faisait. C’est quelque chose qui nous est intime, que l’on connait très bien mais on ne savait pas qu’on le connaissait parce qu’on en percevait la réalité qu’à un niveau beaucoup trop superficiel, distrait par toutes nos préoccupations et par toutes nos certitudes.

Il ne faut pas redescendre le zen au niveau de la nullité sociale. Ce n’est pas ça le boddhisattva. Il faut élever les choses qui nous semblent ordinaires depuis toujours à un niveau plus élevé au contraire. Il ne faut pas dire tout le monde a la grippe alors moi j’ai la grippe aussi, tout le monde déprime alors moi je déprime aussi, tout le monde a la ménopause alors moi aussi j’ai la ménopause. Ce n’est pas cela le boddhisattva. C’est plutôt comprendre et élever tous ces phénomènes, qui sont en fait chacun de grandes révélations. Chaque événement de notre vie est une grande révélation, un grand enseignement. Et quand je dis « relâchez », cela ne veut pas dire « vas y, fait de la relaxation ». Ça veut dire quelque chose de beaucoup plus profond que cela, beaucoup plus exceptionnel.

Ceux qui connaissent le zazen seront aux premières loges de l’émancipation future de l’humanité.

C’est pour ça que faire un zazen un peu plus long, avoir un peu mal, ne pas se sentir effondré par nos limites mais les dépasser résolument, facilement, ne même pas douter qu’on va les dépasser. Quand on a mal en zazen, ce qui est normal, Sensei le disait d’ailleurs, il faut rentrer dans notre intimité, devenir intime avec cette douleur, avec cette difficulté. Regarder bien parce que c’est l’expression de notre corps, de nos cellules, de nos atomes aussi et tout cela nous le savons. C’est ça devenir intime. Il faut relâcher cela. Relâcher les particules et à se moment là, pendant un moment on devient une onde. Donc on découvre que l’on existe au-delà de nous même. Et quand on revient dans sa matérialité, dans sa particularité, quelque chose en nous se souvient qu’on existe au-delà de cette particularité. C’est ce qu’on appelle la racine par rapport aux branches. Notre véritable existence c’est la racine, pas les branches.

Dogen le dit lui-même : « Etudier zazen, c’est s’étudier soi-même. S’étudier soi-même, c’est s’oublier soi-même »

Qu’est-ce que ça veut dire « s’oublier soi-même » ?

Ca veut dire lâcher ses particules, oublier ses particules. Quand on oublie les particules, quand l’observateur n’observe plus, les particules disparaissent, elles redeviennent des fréquences. Elles n’apparaissent en tant que particules que sous l’effet de l’observation. Donc s’étudier soi-même, c’est s’oublier soi-même et là on étudie qui on est vraiment, ce qu’on est vraiment.

Le reste c’est chiant. C’est chiant mais ça plait aux gens : ikebana ! Shiatsu !arts martiaux ! Thé ! Aikido ! Japon ! cérémonies, kaikyoshis, Les branches.

Kosen


Florilèges de Textes ZEN

"Le Shikantaza de Dôgen zenji, c'est observer et voir tout particulièrement que nos illusions, nos mauvais côtés sont semblables aux bulles flottantes que font les crabes ..."

Kodo Sawaki

"Lorsque l'esprit ne demeure sur rien, le véritable esprit apparait"

Sûtra du diamant

"Lorsque l'esprit est libre, tout est libre autour de soi"

Kôan

"Les hommes changent tout le temps, du matin au soir. Ils continuent de changer comme des caméléons et ils arrivent ainsi jusqu'à la mort sans trouver leur vérité. C'est ce que l'on appelle des fantômes."

"L'enseignement des professeurs, la jalousie des femmes, l'ivresse des maris, la cupidité des riches, la misère des pauvres, tout cela est un mauvais point de vue et il est difficile de s'en sauver. Pourquoi ? Parce que c'est gens-là pensent tous à partir de leur Ego ..."

Kodo Sawaki

"Zazen permet simplement aux gens d'éveiller leur esprit et de demeurer à l'aise dans leurs facultés originelles. C'est ce que l'on appelle montrer le visage originel et révéler la nature fondamentale."

Keizan Jokin

"Lorsqu'on fait zazen, on fait zazen
Lorsqu'on mange, on mange
Lorsqu'on travaille, on travaille
Lorsqu'on dort, on dort"

"Même si le lieu de méditation est exigu,
il renferme l'univers. Même si notre esprit est petit,
il est illimité ..."

Maître Sekito

"Zazen consiste à faire un effort, à devenir intime avec soi-même. Pour voir ce que nous sommes, il n'y a pas de meilleur moyen que zazen"

Kodo Sawaki

 

Les sept principes de Dogen commentés par Maître Deshimaru



Premier principe

Shu sho ichi nyo
Zazen et satori sont unité

Shu : shugyo, la pratique, zazen ; sho, satori ; ichi nyo, sont unité, non séparés.

Sho n’existe pas après shu. Le kanji shu a deux sens : apprendre, étudier et réparer, revenir à l’origine, à l’originel. Shu se rapporte au comportement, aux actions, à l’entraînement. Dans le bouddhisme Hinayana comme dans les arts martiaux, on s’exerce, on s’entraîne pour arriver à l’esprit saint.

Shu : retourner à l’origine. Le corps et l’esprit retrouvent leur condition normale. Le kanji sho, satori, a beaucoup de sens. Le professeur Suzuki le traduit par illumination, mais le vrai sens est s’éveiller, remarquer, prendre conscience, comprendre la vérité. Lorsque l’esprit est clair, sho devient alors une certification. Sho, le satori, peut jaillir à partir de pensées mauvaises ou bonnes. Je répète toujours que, durant zazen, il faut aller de pensée en non-pensée, de non-pensée en pensée. Telle est la conscience hishiryo.

Shu, la pratique de zazen, touche non seulement votre propre personne mais aussi les autres. Faire zazen pour les autres. Durant zazen, vous devenez unité avec vos voisins. Tel est le véritable bouddhisme Mahayana. Zazen lui-même est Bouddha. Shu sho ichi nyo. Les kanji sont souvent difficiles à traduire. Par exemple, le kanji dojo est souvent traduit par église, c’est erroné. Il vaut mieux garder dojo mais les idiots réclament toujours des traductions. Shu sho ichi nyo. Shu et sho sont unité. Sho existe durant shu.

Deuxième principe

Sho butsu ichi nyo
Sho, tous les êtres vivants, toutes les existences vivantes

Le kanji sho signifie vivant ; butsu : Bouddha ; ichi nyo : sont unité. Les êtres sensibles et Bouddha sont identiques, nous-mêmes et Bouddha sommes semblables.

La religion de Dogen diffère du bouddhisme et de toutes les religions, selon lesquelles Dieu et nous sommes complètement différents, séparés et en dualité.

Shin jin funi : le corps et l’esprit ne sont pas deux. Les êtres sensibles et Bouddha sont unité.

Qui fait zazen ? Bien sûr, c’est moi. Qui êtes-vous ? À la fin, il n’y a pas de noumène. Toutes les existences sont sans noumène. Elles deviennent ku. Ku, ici et maintenant, devient les phénomènes. C’est mujo, tout change sans cesse. L’on devient parfois Bouddha, parfois un ivrogne, un obsédé sexuel, un fou, un prisonnier. On est tour à tour stupide et intelligent.

Dans la philosophie et la religion européennes, le dualisme règne pour l’éternité. Dieu et le démon ne peuvent être en unité. Dans le bouddhisme, Bouddha et le démon peuvent être amis et être en unité.

Troisième principe

Shoden no buppo
Le vrai bouddhisme transmis

Shoden no shobo. Shoden, la vraie transmission ; shobo, le vrai Dharma de la vraie transmission, la transmission de shikantaza. Za, zazen. Ta, frapper, toucher. Le vrai bouddhisme est seulement zazen.

Après une grande conférence, le Bouddha Shakyamuni fit tourner une fleur entre ses doigts. Seul Mahakashyapa sourit. Le Bouddha Shakyamuni lui transmit le véritable Dharma en lui remettant son kesa.

Shoden no buppo est le monde de la vérité. On sépare toujours le monde de la vérité et celui des phénomènes.

Qu’est-ce qu’étudier la Voie, le zen ? Faire zazen, shikantaza, au-delà de la conscience personnelle. Lorsqu’on fait zazen, le corps-esprit devient le cosmos lui-même, et inversement. Tel est le véritable shoden no buppo, l’essence du zen, l’essence des religions.

Kyo, contrôler. Si on contrôle avec le corps, l’esprit et la respiration, on retrouve la condition normale et on devient unité avec le cosmos. À ce moment-là, l’esprit devient Bouddha lui-même.

Quatrième principe

Jijuyu zanmai
Le samadhi de zazen

Jijuyu veut dire accepter, recevoir par soi-même ; zanmai, le samadhi. Le samadhi est reçu par soi-même, seul. On peut seul en recueillir la joie. Les autres ne peuvent pas le comprendre. Le samadhi du zen, c’est hishiryo. C’est un point très important par rapport aux autres religions où cette notion n’existe pas. Hishiryo est le vrai samadhi, l’authentique joie. Si l’on fait zazen, à ce moment-là, on peut atteindre le vrai kaku soku.

Qu’est-ce que kaku soku ? Parfois, il est difficile de donner une traduction juste. Maître Kodo Sawaki parlait souvent de kaku soku. Kaku est très important. Kaku, l’intuition. Soku, toucher. Comprendre par le toucher, le sentir, l’être.

Je dis toujours, si vous pratiquez zazen, votre zazen lui-même est Dieu ou Bouddha. Inutile de penser : « Je dois me connecter avec le cosmos. » Durant zazen, ce lien s’établit automatiquement à travers le corps et l’esprit, même si des pensées personnelles apparaissent. En faisant zazen, vous pouvez devenir jijuyu zanmai. En vous rasant, en revêtant le kesa et le kolomo, en pratiquant zazen, vous suivez le véritable Dharma et devenez jijuyu zanmai.

Jijuyu zanmai. Abandonner l’ego, suivre l’ordre cosmique. Ainsi, la vie prend une valeur véritable. Si l’ego et le cosmos sont en harmonie, on ne tombe pas malade et le corps devient fort comme celui d’un lion ou d’un tigre. Les gens qui attrapent froid sont comme des grenouilles. Elles n’ont pas assez de force sous le nombril. Je remarque que durant zazen, chacun de vous est très malin. Vos postures se développent. Vous devenez des saints. Mais en sortant du dojo, on revient vite à la condition anormale et on tombe dans le monde des phénomènes, du social, du vulgaire. Si la direction de l’esprit est erronée, même si vous continuez zazen jusqu’à votre mort, ce n’est pas efficace.

Cinquième principe

Kyo gyo sho itto
L’enseignement, la pratique et le satori sont unité

Kyo gyo sho itto. Kyo, enseignement ; gyo, pratique ; sho (comme dans shu sho), satori, sagesse, compréhension ; itto (analogue à ichi nyo) , unité. Enseignement, pratique, satori n’existent pas séparément et ne sont qu’une seule et même chose.

Dans les religions, on retrouve presque toujours cette notion de trinité. Le christianisme s’appuie sur la Bible, le bouddhisme sur les sutras. La Bible et les sutras sont kyo. Mais l’essentiel est la pratique, gyo. La littérature, les romans sont uniquement faits pour être lus . Si on devait les réaliser, cela de viendrait démoniaque. Tandis que si on suit la Bible ou les sutras, on ne commet pas d’erreur et on peut devenir une personne sainte. Sho, le satori, apparaît.

Kyo gyo sho itto, pratique, sagesse, satori ne sont pas séparés. Il n’y a pas d’intervalle entre kyo, gyo et sho, pas de différence. Il n’y a pas de satori, sho, sans kyo gyo. Il n’y a pas de kyo, gyo, sans sho. Ils sont unité. Sans cette unité, il n’y a pas de religion. Malheureusement, les religions les séparent souvent.

Sixième principe

Butsu kojo no homon
Au-delà de Bouddha

Bien que Bouddha soit l’idéal de notre démarche dans la vie quotidienne, il ne faut pas y être trop attaché. Il faut être au-delà de Bouddha. Trop d’attachement fait qu’on le sépare de soi et ainsi devient-il un objet extérieur. Nous devons devenir Bouddha lui-même qui existe dans notre corps et notre esprit.

Dans presque toutes les religions, Dieu ou Bouddha est un objet de foi auquel les gens sont trop attachés. Une telle attitude dénote un esprit erroné. Dans la conscience et le cerveau se crée alors un dualisme entre soi et l’objet de la foi. L’unité est rompue. Cela ne signifie pas qu’il ne faille pas respecter Bouddha, mais il ne faut pas en dépendre. Agir avec un esprit mushotoku, sans but ni profit, est l’attitude la plus exacte.

Ici et maintenant, nous devons trouver Dieu ou Bouddha en nous-mêmes, devenir Bouddha. La statue de Bouddha, même placée dans le dojo, n’est qu’une sculpture. N’y soyez pas trop attachés. Lorsque je rentre dans le dojo et que je fais sanpai, je m’incline certes devant la statue de Bouddha, mais surtout pour vous qui êtes devenus des bouddhas vivants. Par les sanpai, une unité se crée entre tous les disciples et la force cosmique. Lorsque le disciple étale son zagu et qu’il touche celui du maître, c’est le symbole de i shin den shin de la communication parfaite, de l’unité entre maître et disciple.

Butsu kojo no homon, au-delà de Bouddha est la porte du Dharma. Il ne faut pas être limité par Dieu ou Bouddha ni par les sutras, la Bible ou les préceptes. La vraie liberté existe dans notre esprit, au-delà de Dieu ou de Bouddha. Telle est la vraie religion.

Septième principe

Shin jin ichi nyo
Corps et esprit sont unité

C’est un point très important. Le corps et l’esprit ne sont pas séparés, contrairement à ce qu’avait dit Descartes, influençant la médecine jusqu’à nos jours. Les médecins n’étudient que le corps, mais la plupart des maladies proviennent de l’esprit. Les docteurs l’ignorent et n’étudient que les organes.

La pratique de zazen est semblable à l’image du cheval de course : « Pas d’homme sur la selle, pendant la course. Sous la selle, pas de cheval. » C’est un koan. Il n’y a pas de cheval sous cette selle. Il n’y a pas non plus de cavalier. Le jockey, le cavalier comprend qu’il doit diriger le cheval avec les rênes et les pieds. Il doit aussi comprendre l’esprit du cheval. La selle, c’est zazen. hishiryo. Hi signifie au-delà. Il est semblable à ku, l’infini. Dans le zen Soto, l’ultime secret est shin jin ichi nyo. Le corps et l’esprit sont unit ichi nyo. »

Le professeur Ikemi a écrit dans son livre : « Le but, la fin, la dernière station de la psychosomatique, c’est shin jin ichi nyo.