Dojo Zen de Montpellier, le samedi 16 octobre 2010![]()
Je vais vous raconter une histoire.
Une histoire qui pourrait ressembler à une genèse ; La genèse de l'école de la sagesse ancienne. À l'origine il n'y avait rien. Un vaste rien sans limite, de l'espace sans limite, sans début, sans fin sans haut, sans bas, sans coté, sans nord, sans sud, sans est, sans ouest, sans zénith, sans nadir. Un vaste rien illimité. En anglais: nothing. Nothing, ça veut dire pas de chose, il n'y avait pas de chose, pas de phénomène , même pas une poussière, seulement de l 'espace silencieux, inconscient mais toute choses potentiels.
Et puis un jour, ce vaste, vaste, vaste rien s'est contemplé lui même. Toute évolution nait toujours de la contemplation. Le zazen c'est la contemplation . Donc ce vaste rien infini, silencieux, inconscient s'est contemplé lui même et ce faisant a engendré sa propre singularité, cette fameuse singularité gravitationnelle dont parlent les physiciens. Au moment où le vide s'est contemplé est apparu cette singularité, c'est à dire une sorte de conscience, d'identité, d'égo divin. La première conscience de quelque chose.
le vaste rien s'est contemplé lui-même
C'était merveilleux car cette conscience de quelque chose était " potentiel vital ". Donc elle avait l'impulsion de vivre, d'explorer, de rencontre de créer. L'envie de vivre, chacun sait ce que c'est. En fait, une envie d'embrasser. Et la contemplation elle-même c'est un embrassement, za zen, c'est un embrassement . Alors cette singularité a voulu aller, explorer... Elle a marché, ou couru, ou volé, c'est comme vous voulez, à une distance inimaginable, à une vitesse inimaginable. Quand elle est arrivé, elle c'est rendu compte qu'elle n'avait pas bougé. Qu'elle avait toujours été au centre de son émanation puisqu'il n'y avait aucune limite. Alors elle a volé vers le haut, vers la gauche, vers la droite, en bas, en haut à une vitesse inimaginable, à une distance inimaginable. Elle était toujours au centre de toute chose. Dépité, la singularité, fatiguée, de son infinité est demeuré immobile, long temps, long temps, un temps infini, quel ennui. Mais a un moment donné, comme si un moment pouvait exister dans cette infinité, sans doute a force d'immobilité, cette singularité cet égo divin c'est encore une fois contemplée lui même. Et se contemplant, le temps et l'espace sont apparus. C'est à dire un reflet de lui même est apparus. C'est comme lorsque l' on se regarde dans un miroir, on voit un reflet de nous même. Et le temps et l'espace apparaissent entre nous et ce reflet que l'on peut voir et connaitre. Ainsi la distance entre notre égo divin et le reflet qu'il va contempler représente une distance, un espace, et un temps. Le temps de voir, de prendre conscience et que cette conscience nous revienne, la vitesse de la lumière.
Il y a en effet une conscience primaire, qui est le singularité du début et une conscience secondaire, qui est le reflet de la singularité sa conscience d'elle même et entre les deux, le temps et l'espace sont apparus. Et donc maintenant, cette conscience secondaire ce reflet peut voyager, rêver, dans le temps et dans l'espace et partager ses rêve avec la conscience primaire qui les rend réels, puisqu'elle est de tout temps créatrice de toute choses.
la singularité s'est contemplée elle même
Donc, c'est très important de comprendre cela. Ainsi grâce a ce reflet fait a son image elle a pu voyager de plus en plus loin. Découvrir rêver créer de plus en plus magnifique, de plus en plus précis dans une densité de plus en plus solide, Mais elle est allée si loin et dans une fréquence de plus en plus dense et lente qu'un beau jour, elle a perdu la trace de son origine, Elle s'est retrouvée seule, perdue dans un monde hostile, brutal, lourd. Elle avait oublié, plus aucun souvenir de son origine. Alors elle se demande, est-ce que je doit croire en Dieu, est-ce que Dieu existe. Elle a oublié son origine. Donc le zazen c'est le retour à cette connexion avec notre conscience primaire , c'est à dire avec la conscience de Dieu, du tout début, de notre origine. Et dans l' Hokyo zanmaï (le sûtra du trésor du miroir précieux) qui est un très ancien texte du zen chinois il y a une phrase que j'ai toujours adorée et plus ça va , plus je la comprend profondément qui dit : c'est comme se contempler dans un miroir. Le reflet dans le miroir, c'est vous mais vous n'êtes pas le reflet. Donc, beaucoup de gens pensent qu'ils sont le reflet, qu'ils sont leur égo. Que la réalité , c'est le reflet. Ils ont oublié l'origine.
Ok, le reflet, c'est toi mais tu n'es pas le reflet. Tu es simplement perdu, tu as oublié qui tu es. Pour cette raison, en zazen, on reste immobile, c'est très important parce que le reflet, c'est comme l'égo, il a un rythme qui n'est pas naturel. Le reflet, il est toujours en train de poursuivre quelque chose, ou de fuir quelque chose. Il est toujours en train de bouger à droite à gauche, de réagir. Alors que le mouvement originel n'est jamais en opposition, il ne crée pas de la tension. Tous les mouvements de l'égo crées des tensions parce que c'est toujours poursuivre ou fuir, polarité plus ou moins. Et même pendant zazen, les gens continus à poursuivre ou à fuir. Le reflet doit arrêté tout mouvement, toute action. Il doit se mettre en phase à nouveau, en phase avec son origine. A ce moment là ,l'origine, en phase avec son reflet lui dit: mais tu n'es pas perdu, tu n'as jamais été perdu. Tu as toujours été mon reflet . Suit mon rythme, suit mon mouvement, suit le rythme du cosmos entier, de tous ce que tu as crée depuis une infinité, depuis le big bang et tout ira bien.
Dojo Zen de Montpellier, le dimanche 27 juin 2010![]()
La pratique des bouddha, zazen kin hin, montre, indique la véritable direction de notre évolution. D'ailleurs quand on met le pouce à l'intérieur du poing gauche, c'est un mudra très fort. On pourrait se demander pourquoi il reste à l'intérieur du corps. On comprend pourquoi les bébés font ce mudra. Ils sont tout petits, minuscules. Est-ce qu'ils veulent rester. Ils ont tendance à partir, partir. Le corps est parfois douloureux, pesant. Donc on pense que la spiritualité, c'est partir de son corps, quitter son corps et aller dans les sphères célestes. Est-ce que l'incarnation, et en zazen on vit son incarnation, est une évolution ou une involution ? Dans le cas du zazen évidemment, c'est une évolution. C'est une incarnation de l'esprit et c'est comprendre et vivre la matière, son corps en tant qu'esprit. Et la voie indiquée, la direction indiquée, c'est la maitrise et la spiritualisation totale de la matière. Donc c'est une évolution, la plus grande évolution. C'est comme un arbre. On le voit grandir, on le voit pousser. Il a également ses racines qui vont chercher l'eau sous la surface de la terre, sont sa croissance. Devant la matière maitriser son avidité, ses craintes.
Donc quand on pratique zazen on spiritualise la matière qu'est notre corps. Une partie de nous même est matière. Spirituel, c'est l'esprit. L'esprit, c'est la conscience, c'est la pensée, c'est l'attention, c'est l'intension. Il faut renforcer son esprit et toucher, par exemple sesshin veut dire toucher l'esprit, moi je dis toucher le corps avec l'esprit. Toucher l'esprit avec le corps. C'est ce que je disais tout à l'heure. C'est pas les muscles, c'est pas l'effort violent, c'est pas l'avidité, ce n'est pas le désir, c'est pas la force musculaire. C'est plutôt la concentration, l'attention, l'intension, la capacité de focaliser son attention sur une seule chose. A ce moment là si je dis concentrez-vous par exemple sur la position des mains. Concentrez votre attention seulement sur les mains. Simplement cette attention spiritualise les mains. Dès que vous portez votre attention sur les mains avec votre esprit, alors vos mains s'illuminent et perdent de leur matérialité, elles brillent, elles deviennent votre propre conscience. C'est ça le secret de la matière. La matière en tant qu'esprit. Beaucoup ne comprennent pas ce que je dis parce qu'ils sont trop raides, comme des éléphants, ils veulent tout faire sous le contrôle de leur volonté et de leur ego. Ils souffrent tout le temps, ils se comparent aux autres. L'ego aussi, il faut, si tant est qu'il existe, le spiritualiser. A ce moment là, la matière, être né dans un corps et dans un monde matériel, est l'ultime évolution. C'est ce qu'on essaye de maitriser. C'est très très fort, très puissant la matière, c'est tellement dense.les gens pensent que maîtriser la matière, c'est devenir riche et dominer le monde. Milliardaires, ils parlent du mot pouvoir, ils emploient le mot pouvoir. La vérité est qu'ils n'ont aucun pouvoir sur la matière, aucune maitrise. Ce sont des animaux avec une technologie avancée.
Montpellier, le vendredi 10 avril 2009
Alors je dis que zazen est l'enseignement absolu, et tous les patriarches ont dit cela.
Même Maître Nyojo, le Maître de Maître Dogen, lui a bien précisé que les cérémonies, brûler de l'encens, se prosterner, chanter les sutras, ce n’était pas important. C'est bien parfois pour les laïcs, pour aider les gens, qui ne pratiquent pas. Mais il a répété: « Seulement le zazen est l'essence du bouddhisme ».
Et à la fin on finit par le comprendre en nous-même, tous ceux qui pratiquent depuis longtemps, qui ont connu Maître Deshimaru (souvent il y a des gens qui viennent ici, qui ont pratiqué rue Pernéty, à la Gendronnière). Et donc avec le temps, nos illusions tombent. Avec le temps il est de moins en moins difficile d'abandonner l'ego. Avec le temps on discerne plus facilement ce qui est essentiel. Et puis il y a des choses qui restent, et des choses qui disparaissent, des fois on ne sen rend même pas compte.
Bien que le contenu de cette vérité absolue du zazen inclue toutes les vérités relatives de la vie, de la mort, des phénomènes et des non phénomènes, elles sont mises à leur juste place. La juste posture. Pas seulement du corps, de tout l'univers. Puis une fois que c'est à sa juste place, elles sont oubliées, dépassées, transcendées. Pour cette raison, afin de nous transmettre cette vérité absolue, le Bouddha a enseigné les quatre points de vue, et donc en premier, le point de vue mondain.
C'est pareil, Maître Deshimaru est arrivé en France, il a enseigné la posture, la posture, la posture, la posture. Oui alors: « Basculez le bassin! », parce qu'au début on avait du mal à basculer le bassin. « Rentrez le menton! » Alors après certains ont discuté: « Ah mais c'est pas bon de basculer le bassin. »
Ce sont des indications. Après on doit trouver soi-même, par soi même.
Alors le Bouddha a donné des indications, il a enseigné le point de vue mondain, c’est-à-dire la réalité vulgaire, connue de tout le monde, la réalité sociale, par exemple. Qu'est ce que la réalité sociale? C'est bon de souligner qu'elle ne se limite pas aux informations qu'on voit à la télé. Même le point de vue mondain est plus large que l'intoxication télévisuelle. Le Boddhisattva y trouve un énorme terrain de travail, afin de créer une société humaine en phase avec l'ordre cosmique.
Le côté mondain a aussi un côté péjoratif, c'est celui de tenir ses opinions, sa vérité, de l'extérieur. On cherche à l'extérieur, objectivement, la vérité. Alors on s'intéresse beaucoup aux bruits, aux racontars: bla, bla, bla, bla, la vie des autres, sa position sociale, le groupe, dans lequel il faut maintenir une image, pour être apprécié, ou tout simplement aimé, le besoin de plaire, conformisme, mimétisme.
Dans la Sangha, évidemment, on ne doit pas pratiquer ou aider pour avoir une place importante, par sociabilité; mais on pratique par conviction profonde, individuelle. Chacun pratique à son rythme. Pas la peine de montrer aux autres, pas la peine de se justifier. Il n'y a pas à s'occuper de la place socio dharmique
Certains disent: « Moi je suis mushotoku, alors je fais pas samu. » Comme s'il y avait seulement deux sortes de moines, les ambitieux et les fainéants. Ça par exemple, c'est un enseignement que je suis en train de faire du point de vue mondain, mais il est sensé diriger, guider disons, vers le point de vue absolu.
Deuxième point de vue, c'est le point de vue individuel. A ce point de vue-là, on sait que tout est perçu par soi-même. Le Dharma est notre grande aventure. C'est nous qui l'avons créé, avant notre naissance. On l'a créé en fréquence spécifique avec soi. En fréquence spécifique avec ce que l'on souhaitait réaliser dans cette vie. Ça, c'est le point de vue individuel. C'est important.
Dogen dit: « Tourner sa lumière vers l'intérieur. »
Ne plus regarder les autres, ne plus penser que la vérité se trouve à l'extérieur; que la vérité, la responsabilité, se trouve à l'extérieur. Même le gouvernement, même le monde: « Oui, il y a le gouvernement, il y a la crise, ouais! Monsanto, les salauds; ma famille, mon hérédité est mauvaise, mon karma! » Ou encore: « Cette rupture avec mon partenaire m'a brisé! » On évite ce genre de pensée. Ce n'est pas du tout un point de vue élevé.
La véritable voie spirituelle commence avec le point de vue individuel. C'est le premier niveau de l'éveil, à partir duquel on va développer le point de vue thérapeutique. Déjà comprendre ce qu'on est, nos caractéristiques, parce que chacun est différent. Aussi comprendre que chacun est différent. Donc non seulement, à partir du point de vue individuel on peut prendre ses responsabilités, mais également on peut voir les caractéristiques de la personne qui est en face de soi. Une fois que l'on peut voir ses propres caractéristiques, on peut comprendre les autres. C'est très important. J'en parlerai plus tard.
Et là on peut commencer à développer le point de vue thérapeutique, c'est-à-dire soigner, corriger, guérir, faire un travail sur soi non motivé par l'opinion des autres. Et quand on s'est soigné, naturellement, on découvre le point de vue absolu des choses, c'est-à-dire non séparé.
A ce moment-là il y a analogie, et tout est illuminé. A ce moment-là les quatre points de vue, mondain, individuel, thérapeutique, et absolu sont vrais et ne se contredisent pas mutuellement. Ainsi on peut comprendre que si un point de vue est en contradiction avec un autre, (par exemple si le point de vue mondain est en contradiction avec le point de vue individuel), ça veut dire que notre point de vue est erroné.
Montpellier, le samedi 21 mars 2009
Gaku Soku , « la tension juste ».
Trop de tension ou pas assez de tension, ça n’est pas juste. Alors la tension peut s’apparenter à la tension nerveuse ou musculaire, à la tension émotionnelle ou intentionnelle.
La tension ou bien l’inertie, sanran ou kontin en japonais. Gaku Soku est très important, évidemment c’est compliqué …. parce que Gaku Soku n’est ni tension ni apathie. Ça c’est le zazen. Le zazen c’est comme une appendice, un mudra, parce que l’énergie qui va jaillir de gakusoku est l’énergie cosmique fondamentale elle même, fabuleuse, c’est pourquoi je parle d’un mudra . Le mudra c’est subtil, c’est la position par exemple des mains en zazen. Le mudra « ho kai jo in » mudra universel, représente à mon avis ce Gaku Soku. Sensei m’en a parlé, je me souviens du kusen. Je n’avais rien compris d’ailleurs. J’étais arrivé trop tard où il y avait trop de monde, je m’étais assis dans le vestiaire a l’étage, la ou je dormais habituellement avec mon ami Myoko. Le samedi, le dojo était plein à craquer donc ce jour là je faisais zazen dans ma chambre à l’étage, derrière et j’entendais le kusen depuis la mezzanine et sensei parlait de Gaku Soku, il parlait des mains et moi je serrai les pouces. Tension juste ! Je serrai énormément les pouces, j’avais énormément de tension. Ca n’était pas la tension juste : ni détendu, ni tendu, juste au point d’énergie fabuleuse. On peut d’ailleurs considérer que le corps entier est un appendice, est un mudra. On peut considérer que nos pouces, la position de nos main est un mudra, c'est-à-dire , elle exprime la tension juste. Nos mains ne sont ni tendu, ni détendu. « Keshari mudra » également est une appendice, le mudra que l’on fait avec la langue, c’est un enseignement secret, même les japonais ne le connaissent pas, seulement mon maître Déshimaru nous la enseigné : Il y a la langue et la luette la position de la langue, bouche, les mâchoires, et en haut le cerveau et la glande pituitaire la langue doit être en gaku soku. La langue la luette et la glande pituitaire doivent former la kaligraphie « shin » (l’esprit).C'est-à-dire que dans le zazen, le corps n’est pas inutile, c’est un instrument spirituel. Très important le corps, la vie c’est très important. Même si vous pratiquez, moi je pratique depuis 40 ans avec beaucoup de motivation, beaucoup de foi, mais en même temps avec mes limites humaines, ma faiblesse humaine. Quoi que j’ai mis l’essentiel de ma vie dans la pratique de zazen, je me rends compte que c’est peu ce qu’on a le temps de réaliser dans une vie, en 60 ans, en 80 ans, même en 100 ans c’est peu, très peu. Si vous préférer vous concentrer sur l’égo, les problèmes, sur la personnalité sociale, sur les névroses, vous perdez un temps précieux et vous vous réincarnerez encore des millions de fois à perdre un temps précieux plutôt que de découvrir la liberté. Comment ça marche ? Ça n’a rien à voir avec un gourou, ça n’a rien avoir avec une secte, ça n’a rien à voir avec une religion. C’est quelque chose de fabuleux pour les hommes et femmes authentiques. Le corps, c’est très important, c’est beaucoup plus qu’un corps C’est beaucoup de travail d’obtenir un corps. Donc qu’est-ce que ça veut dire la tension juste, elle se trouve entre la fréquence et la particule. Donc pour contrôler notre corps qui est en même temps fréquence, c’est-à-dire, vibratoire, fréquence invisible, non matérialisée, et également matériel, particule, il se matérialise. Il n’y a pas de particules sans fréquence, il n’y a pas de fréquence sans potentialité de particules.
Donc notre corps, c’est ça, notre vrai corps et fait de l’élément fondamental. Donc ce qu’on veut faire c’est régler le corps dans sa potentialité fréquentielle et, particulière ou particulaire. Gaku Soku c’est entre le vide et la matière. La fréquence et la particule, ça se règle en particulier par les mains et par la langue C'est-à-dire par la position des mains. La position des mains doit être contrôlé par la conscience ensuite la posture entière devient un mudra.
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Montpellier, le mardi 5 janvier 2010 On parle de méditation. On dit, finalement, le zazen ce n’est pas une méditation tellement élevée parce qu’on passe l’heure du zazen à observer son corps, à vivre son corps, à corriger sa posture. Ce n’est pas tellement élevé, pas tellement transcendant. Je me dis çà des fois où je passe mon heure à sentir mon foie, à sentir ma nuque, à sentir mes épaules, mes hanches. L’intérêt, ce n’est pas l’objet, c’est vrai on se concentre sur quelque chose de très simple. En zazen on se concentre sur la posture. On ne se concentre pas sur Dieu, le nirvana ou je ne sais quoi. On se concentre sur la posture. Et donc je dis, l’important ce n’est pas l’objet de concentration, c’est le sujet. Et l’éveil le satori comme on dit, ne jailli pas de l’objet mais du sujet, c'est-à-dire celui qui observe. Et peu à peu on va devenir intime avec celui qui observe la posture. On va se rend compte que cette conscience qui observe la posture elle est en même temps à l’intérieur du corps, elle est en même temps au dessus du corps, elle est devant, elle est derrière. En fait elle est universelle. Elle est partout et c’est cela qui est important. On va tout à coup prendre conscience que la dimension de notre conscience est beaucoup plus fabuleuse et libre, énorme, universelle que ce qu’on n’aurait pensé. Et tout ça juste en observant, à force d’observer simplement sa posture. Et donc on sent une immense joie parce qu’on se rend compte que l’on est bien au-delà de ce qu’on est en train d’observer. Et qu’on est capable d’observer par exemple de deux endroits en même temps. Notre capacité de conscience est fabuleuse. On est en même temps soi et on est en même temps au-delà de soi. Alors la respiration a aussi un rôle très important dans notre conscience dans l’observation de posture. La respiration c’est dehors, dedans, en haut, en bas. Et donc c’est un échange. Donc notre conscience est dedans, dehors, en haut, en bas. |
Montpellier, le samedi 17 avril 2010
Je viens de prendre conscience de quelque chose de primordial au niveau de la posture. Ma mère est une spécialiste de ce truc quand elle enseigne la posture aux débutants, elle dit toujours : « relâchez bien, relâchez, relâchez les épaules ».
Maître Deshimaru nous avait plutôt enseigné : « tendez la taille, tendez la nuque, tendez la colonne ». Je me souviens. Ce sont des polémiques qui ont presque 45 ans avec mon oncle. Après la mort de sensei, il m’avait parlé. Il m’avait dit : « tu sais, je ne suis pas d’accord avec le zen de maitre Deshimaru, il est trop yang. Il existe un zen plus yin. » Alors il m’avait montré la photo d’un moine qui avait une posture nulle avec le menton en avant, à moitié avachit. Il me dit : « il y a des bruits qui courent, il y aurait une façon yin de pratiquer sans cambrer le bassin ». Alors ils cambraient dans l’autre sens avec le dos rond. C’est là qu’on se rend compte à quel point on était débutant et que le niveau auquel on appréhendait le zen était d’une ignorance épouvantable.
Bon moi, je suis resté fidèle à la méthode de Deshimaru. Et puis avec le temps, longtemps, j’ai commencé à découvrir la détente, l’importance de la détente. Plus ça va, plus je me rends compte de l’importance primordiale de lâcher. D’ailleurs, c’est une expression qu’on emploie beaucoup. La méthode Deshimaru consiste donc a étirer la nuque, tendre la colonne les reins. Vraiment donner toutes nos forces pour tendre comme un arc jusqu’à lâcher la flèche, le fameux ‘lâché prise’. Donc si on vient au dojo à moitié avachi, on ne va rien lâcher du tout. Quand on dit lâcher, relâcher, cela ne veut pas dire s’avachir. Et maintenant je sais ce que cela veut dire. Ce n’est pas facile à expliquer.
Nous avons le pouvoir sur tout ce qui constitue ce que nous sommes. Sur nos muscles bien sur mais également sur nos nerfs et ceci jusqu'à nos atomes, nos particules. Ce ne sont pas des choses qui sont séparées de nous, même si cela s’exprime dans le microscopique ou dans le nanoscopique.
Je l’ai expliqué souvent ;yes"> dans l’univers, il y a des fréquences et des particules. Les fréquences, ce sont des ondes et les particules sont de la matière. L’onde et la particule ne sont pas deux choses séparées. Ce sont deux expressions de la même chose c’est semblable a shiki les particules, les atomes et a ku les ondes les fréquences. Cela a été prouvé scientifiquement par des expériences très connues yes"> « expérience des fentes de Young et plus tard l’expérience de Wheeler ». L’observation par nous qui sommes des consciences vivantes, l’observation d’une onde par une conscience vivante transforme cette dernière en particule, la rend particulière, c'est-à-dire qu’elle se matérialise. C’est le cas de notre corps. Notre corps est particulier. Nous l’observons et nous le voyons solide d’une certaine manière.
Donc quand on dit « relâcher », cela ne veut pas dire s’avachir, faire de la décontraction, faire du new age. Relâcher c’est le pouvoir que nous avons et que nous apprenons à développer en za zen de relâcher la particule et de lui rendre sa liberté ondulatoire de potentialité infinie. Et cela se passe dans le corps. C’est ça le « relâcher ». Ca fait longtemps que je le sentais. Ma mère dit tout le temps : « je leur apprends à relâcher le plexus solaire. » Bien sur mais ce n’est pas de la décontraction même si ça y ressemble.
Je me rends compte aussi d’une chose et c’est important que je le dise. Le zazen que j’enseigne, je dirai presque qu’il est très éloigné de celui de l’AZI. Il est beaucoup plus évolué. J’en suis certain. Évidemment, je donne les enseignements de base, mais bon c’est pour cela que j’ai des problèmes, j’ai un peu trop d’avance sur mon temps. Parfois on se sent un peu seul. C’est pour cela que les gens n’accourent pas à la pratique parce que ce n’est pas leurs préoccupations actuelles. Le zazen tel qu’on l’enseignait il y a vingt, vingt cinq ans ça n’intéresse plus les gens aujourd’hui, il est un peu passé de mode. C’était le zen shiatsu, la zen calligraphie, le zazen art martiaux, zazen cérémonie du thé. Ca marchait à cause de cela. Il ne faut pas se leurrer. Disons que ce qui intéresse les gens maintenant à part le pognon c’est certainement pas de rester immobile et en plus de ne rien faire pendant une heure. Mais moi je pratique un zazen qui parle du futur, le zazen des dieux, le zazen des bouddhas. Alors les gens de l’azi pigent que dalle à ce que je raconte. Quand on lâche les particules, c'est-à-dire quand on les dématérialise, c’est vraiment ça qui se passe, croyez le ou non, la posture se redresse, elle se met à son maximum de potentiel naturellement. Ce zazen c’est le roi des Samâdhi, c’est vraiment la condition divine la plus fabuleuse.
C’est drôle parce que si je dis à quelqu’un : « allez, relâche tes particules, dématérialise toi » il va me dire : « mais ça va pas, tu es fou, ce n’est pas possible. Personne ne sait faire cela. » Et on se rend compte qu’on a toujours su le faire mais on ne savait pas qu’on le faisait. C’est quelque chose qui nous est intime, que l’on connait très bien mais on ne savait pas qu’on le connaissait parce qu’on en percevait la réalité qu’à un niveau beaucoup trop superficiel, distrait par toutes nos préoccupations et par toutes nos certitudes.
Il ne faut pas redescendre le zen au niveau de la nullité sociale. Ce n’est pas ça le boddhisattva. Il faut élever les choses qui nous semblent ordinaires depuis toujours à un niveau plus élevé au contraire. Il ne faut pas dire tout le monde a la grippe alors moi j’ai la grippe aussi, tout le monde déprime alors moi je déprime aussi, tout le monde a la ménopause alors moi aussi j’ai la ménopause. Ce n’est pas cela le boddhisattva. C’est plutôt comprendre et élever tous ces phénomènes, qui sont en fait chacun de grandes révélations. Chaque événement de notre vie est une grande révélation, un grand enseignement. Et quand je dis « relâchez », cela ne veut pas dire « vas y, fait de la relaxation ». Ça veut dire quelque chose de beaucoup plus profond que cela, beaucoup plus exceptionnel.
Ceux qui connaissent le zazen seront aux premières loges de l’émancipation future de l’humanité.
C’est pour ça que faire un zazen un peu plus long, avoir un peu mal, ne pas se sentir effondré par nos limites mais les dépasser résolument, facilement, ne même pas douter qu’on va les dépasser. Quand on a mal en zazen, ce qui est normal, Sensei le disait d’ailleurs, il faut rentrer dans notre intimité, devenir intime avec cette douleur, avec cette difficulté. Regarder bien parce que c’est l’expression de notre corps, de nos cellules, de nos atomes aussi et tout cela nous le savons. C’est ça devenir intime. Il faut relâcher cela. Relâcher les particules et à se moment là, pendant un moment on devient une onde. Donc on découvre que l’on existe au-delà de nous même. Et quand on revient dans sa matérialité, dans sa particularité, quelque chose en nous se souvient qu’on existe au-delà de cette particularité. C’est ce qu’on appelle la racine par rapport aux branches. Notre véritable existence c’est la racine, pas les branches.
Dogen le dit lui-même : « Etudier zazen, c’est s’étudier soi-même. S’étudier soi-même, c’est s’oublier soi-même »
Qu’est-ce que ça veut dire « s’oublier soi-même » ? Ca veut dire lâcher ses particules, oublier ses particules. Quand on oublie les particules, quand l’observateur n’observe plus, les particules disparaissent, elles redeviennent des fréquences. Elles n’apparaissent en tant que particules que sous l’effet de l’observation. Donc s’étudier soi-même, c’est s’oublier soi-même et là on étudie qui on est vraiment, ce qu’on est vraiment.
Le reste c’est chiant. C’est chiant mais ça plait aux gens : ikebana ! Shiatsu !arts martiaux ! Thé ! Aikido ! Japon ! cérémonies, kaikyoshis, Les branches.
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